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Le travail de Genêt Mayor peut s’assimiler
notamment à une entreprise de détournement, une réappropriation
savoureuse de nombreux héritages théoriques de l’histoire
de l’art contemporain. Agissant comme autant de clins d’œil
à des paradigmes et des procédures d’accrochage,
de mise en espace, les expositions de l’artiste tiennent du
jeu de piste. Ses dessins, peintures et objets sculpturaux opèrent
par additions, recompilations ou glissements tels des réinterprétations
possibles des acquis modernistes : sérialité, module,
auto-référencialité...
Par le biais de ces combinatoires et de ces agencements,
Genêt Mayor interroge et sonde les conventions d’une
sculpture. Entre structure et narrativité, codes de la culture
populaire et décor low-fi, les pièces de l’artiste
lausannois se distinguent par leur hybridité déroutante.
A la croisée de l’art minimal et de l’art brut,
du formalisme et du pop, elles en organisent une bâtardisation
généralisée, qui contrarie de manière
dynamique les tentatives de catégorisation.
Une logique de l’hétéroclite
qui fait osciller ses œuvres du bestiaire au cabinet de curiosité,
de la salle du musée au bricolage organisé et désinvolte.
Calamars géants, filets, nasse à huîtres faisant
office d’intestin, l’artiste aime à mettre en
place — non sans un certain humour — des narrations,
des récits imagés d’où s’échappent
des animaux imaginaires, des monstres et des éléments
improbables.
Une des particularités de la production
de Genêt Mayor, est qu’elle réactive des protocoles
formels à partir de matériaux du quotidien : fournitures
de bureau, produits de consommation courante, préfabriqués...
Allié à un processus plastique reposant sur des récurrences
basiques, cette simplicité des moyens utilisés instaure
une tension entre conceptuel et littéralité. Ses dessins
à la typographie enfantine et maladroite sur feuilles de
papier A4 standard, répétition du même motif,
entretiennent ce même type de rapport ambivalent.
Par ailleurs directeur d’un label de musique
électronique, Genêt Mayor élabore ses pièces
comme s’il s’agissait de mythologies cocasses et décalées,
d’ensembles disphoniques et polyvoques.
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