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Au printemps 2007, Henrik Plenge Jakobsen investira
la salle Jean-François Taddei du Frac des Pays de la Loire.
Une des particularités du travail de l’artiste danois
réside dans la façon dont celui-ci agit comme une
mauvaise conscience. Mettant en valeur un sentiment diffus de crise
sociale et de malaise existentiel, il interroge et dresse les symptômes
d’une atmosphère et d’un climat apocalyptique.
Parfois provocateur, Henrik Plenge Jakobsen conçoit l’art
comme un espace critique, le lieu d’une remise en question
de valeurs et de données.
De 1994 à 1999, celui-ci forma avec l’artiste
Jes Brinch une collaboration nommé Burn Out, dont les dispositifs
et les actions se distinguèrent notamment par leur caractère
spectaculaire et leur violent impact. Pour une commande publique,
ils installent des véhicules renversés sur une place
de Copenhague la transformant en véritable scène d’émeute.
Quelques temps après, ils installent un néon en forme
de seringue dans le quartiers des dealers et des prostituées
de cette même ville : autant de gestes railleurs et grinçants
devant l’aseptisation de la société.
Au-delà du caractère «direct»
des productions de Burn Out, le travail en solo d’Henrik Plenge
Jakobsen se veut plus complexe tout en gardant une dimension volontiers
subversive. L’œuvre de l’artiste est véritablement
multiforme, celle-ci se compose d’installations, de peintures
murales, d’expérimentations et de textes... Elle se
nourrit à l’aune de préoccupations contemporaines
: la biotechnologie et les manipulations génétiques,
l’ADN, les molécules, le cyber âge ...
Elaborant une mythologie du désordre et de la catastrophe,
l’artiste aime à puiser dans l’imagerie scientifique.
Tel un Frankenstein parodique, il reconstitue ainsi un laboratoire
avec un circuit qui distille sa propre urine.
Instiguant le doute et interpellant le spectateur,
Henrik Plenge Jakobsen porte un regard caustique teinté de
pessimisme sur notre civilisation. Il sonde nos peurs et nos angoisses,
de manière obsessionnelle la mort et le suicide. Ainsi lors
d’une exposition, il présente une cuisine dont la gazinière
fuit et laisse échapper le gaz. La tête de mort, icône
informatique issue d’un logiciel illégal de hacker
est récurrente dans le travail de l’artiste, elle semble
incarner le néant et le côté obscur. Ce signe
réfère et s’apparente à une sorte d’emblème,
Henrik Plenge Jakobsen envisage l’artiste comme un pirate
qui répand un virus.
L’implication physique immédiate en rapport avec le
corps du spectateur est aussi une des caractéristiques du
travail d’Henrik Plenge Jakobsen, avec l’idée
de création d’une sensation, d’une ambiance.
En 1994, il propose par exemple du gaz hilarant dans le stand de
sa galerie pendant la Fiac.
Pour le Frac des Pays de la Loire, Henrik Plenge
Jakobsen présentera une œuvre inédite, spécialement
produite pour le lieu à travers laquelle il questionne la
production de la première bombe atomique conçue aux
Etats-Unis dans les années quarante.
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