Hans Erni

Fondation Gianadda

Depuis 1989, tous les dix ans ou peu s'en faut, Hans Erni est l’invité de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny. Celui dont en Suisse personne n’ignore l’existence fêtera ses 100 ans le 21 février 2009. Et si son âge canonique tient de la performance, n’oublions pas qu’aujourd’hui encore Hans Erni est quotidiennement sur le métier, lucide, actif et combatif.

Pour Jacques Dominique Rouiller, commissaire de l’exposition, il s’agit d’un réel défi. Impossibilité de résumer 80 ans de création, mais obligation de marquer la différence avec les rétrospectives antérieures. Intime et inédit sont les deux axes de sa présentation.

La plupart des œuvres montrées n’ont jamais été vues à Martigny. Elles portent souvent l’empreinte, et jusque dans les paysages, de celui qui fit d’abord un apprentissage d’arpenteur géomètre, puis de dessinateur architecte. Son appétence pour le monde des arts en général est à rechercher dans l’émerveillement procuré par ce père machiniste sur les bateaux du lac des Quatre-Cantons, dessinant dans les marges des livres ou confectionnant de petits animaux pour la plus grande joie de ses sept enfants.

Dans le catalogue de l’exposition, Serge Lemoine, ancien directeur du Musée d’Orsay, désigne Hans Erni comme un des maîtres de l’art abstrait. Quelques toiles non figuratives rappelleront l’extraordinaire précocité du jeune peintre qui, âgé de 25 ans à peine, se presse de rivaliser avec les plus grands: Picasso, Braque, Juan Gris, Calder, Arp, pour n’en citer que quelques-uns. Jean Clair, fraîchement élu à l’Académie française et ancien directeur du Musée Picasso à Paris, termine son article dans le catalogue en voyant Hans Erni désormais repéré dans la nuit, point lumineux d’une constellation fixe, alors que les lumières parasites se sont éteintes…