Rodin

Fondation Gianadda

Cette exposition propose un double parcours à travers sculptures et dessins d’Auguste Rodin qui proviennent tous du Musée Rodin de Paris.

Cette présentation est axée autour du culte que Rodin voue au nu féminin, et particulièrement au corps sexué de la femme. Si l’on sait que le nu est, pour le sculpteur, l’élément le plus important de son travail en ronde-bosse, la place qu’il occupe dans des milliers de dessins et aquarelles demeure largement méconnue.

Un ensemble d’une quarantaine de sculptures et de 90 dessins permet d’explorer la question de l’érotisme dans la sculpture de Rodin et de tracer l’évolution des dessins érotiques de l’artiste, depuis les 1ers dessins gouachés des années 1890 jusqu’aux grandes feuilles estompées au crayon des années 1910.

Quelques-unes des sculptures les plus célèbres de Rodin, de “L’Age d’Airain au Balzac nu” en passant par “Le Baiser”, “Jeux de Nymphes”, “Le Torse d’Adèle”, “Iris messagère des dieux” ou “Le Christ et la Madeleine”, font partie de cette exposition et invitent à toute une réflexion sur les passages ténus du nu à l’érotisme, de la sensualité à l’obscène, de la transgression à la profanation.

Parallèlement à son oeuvre sculpté, Rodin a dessiné, tout au long de sa vie, et nous a laissé à peu près 10 000 oeuvres sur papier, parmi lesquelles environ 7 000 sont conservées au musée Rodin de Paris. Si les oeuvres sur papier ne peuvent être montrées que très ponctuellement, elles ne constituent pas pour autant une part mineure de l’art de Rodin, qui affirme à la fin de sa vie : «C’est bien simple, mes dessins sont la clef de mon oeuvre!»

Parmi les dessins de Rodin, près d’un millier sont communément considérés comme des dessins érotiques, dessins que l’artiste n’enfermait pas dans un cabinet privé, mais qu’il cherchait à montrer en regard de ses sculptures, confirmant leur statut de grande oeuvre. L’artiste y révèle le travail intime et fervent auquel il s’est principalement livré au cours des deux dernières décennies de sa vie. Instaurant une connivence, voire une véritable complicité, avec ses modèles, il les amenait à prendre des attitudes inédites, sensuelles, extravagantes, à se caresser, à dévoiler les parties les plus secrètes de leurs corps, à s’ouvrir, toujours plus largement et de façon parfois acrobatique, pour montrer sans ambiguité et sans fausse pudeur, leur sexe, leur plaisir, leur attente.

Le sexe de la femme, ce siège des forces et des énergies vitales, presque toujours exposé, est situé au premier plan de la feuille. Dessiner le sexe, c’est dessiner ce qu’il y a de plus vrai. Dans ses dessins, d’une audace et d’une liberté extraordinaire, Rodin ne cesse de cerner, au plus près, la vérité des corps.