GRAND PALAIS, Paris 8

Confrontation artistique de très grande ambition, MONUMENTA invite chaque année, à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication / Délégation aux arts plastiques, un artiste contemporain de renommée internationale à investir les 13.500 m2 de la nef du Grand Palais avec une œuvre magistrale spécialement conçue pour l'occasion.

Après le succès des deux premières éditions de MONUMENTA confiées à Anselm Kiefer, en 2007, puis au sculpteur américain Richard Serra, en 2008, qui attirèrent chacune plus de 140.000 visiteurs en cinq semaines, c'est Christian Boltanski, l'un des plus grands artistes français, qui relève le défi en 2010.

L’exposition est coproduite par le Centre national des arts plastiques, le Grand Palais et la Réunion des musées nationaux.


Extrait de l'interview de Christian Boltanski par Catherine Grenier, commissaire de l’exposition :

«L’art consiste à poser des questions, à donner des émotions, sans avoir de réponse.»

Catherine Grenier : Que signifie pour vous réaliser une œuvre inédite au Grand Palais? Comment regardez-vous les lieux de vos installations?

Christian Boltanski : Selon moi, le plus important pour un artiste est de savoir en quel lieu il se trouve, tout espace étant particulier et posant des problèmes bien spécifiques. L’architecture et l’espace du Grand Palais imposent leurs formes et leurs présences à l’artiste, qui réalise une sorte de collage. C’est le contraire du white cube, qui se plie à la volonté de l’artiste, et c’est précisément ce genre de lieu qui m’intéresse...


Catherine Grenier : En découvrant cet espace, comment s’est constitué votre projet artistique et son insertion dans ce lieu?

Christian Boltanski : Il y a ce que l’on a envie de faire et de dire - la raison principale qui nous fait agir – et les conditions dans lesquelles on est placé. Le fait de se situer au milieu de Paris, dans un espace très baroque imprégné d’une forte présence, de s’adresser à un public extrêmement large, oriente naturellement les choix et les décisions artistiques. Le Grand Palais est pour moi un lieu de spectacle. En tant que tel, il inspire et appelle la fabrication d’une grande mise en scène qui dépasse totalement l’idée d’œuvre muséale et, plus encore, le fait de créer une œuvre dans une galerie. Quand je travaille au Grand Palais, j’ai la sensation de réaliser un opéra, avec cette différence que l’architecture remplace la musique. L’œuvre est une scénographie.