GRAND PALAIS, Paris 8

En commandant des oeuvres aux plus grands artistes-graffeurs, Alain-Dominique Gallizia a constitué et continue de réunir le plus important témoignage peint de cet art jusque là éphémère. 300 tableaux ont ainsi été recueillis dans le cadre de ce projet unique dans l’histoire de l’Art, présenté au Grand Palais en 1ère mondiale.

De la rue au Grand Palais... Pour la 1ère fois, «l’Art Sauvage» s’expose au sein d’une institution culturelle à Paris, dans le nouvel espace de la galerie sud-est en restauration située au 1er étage, autour de la nef. D’une surface de 700 m2 cet espace offre un volume exceptionnel sous verrière.

Les 300 oeuvres réunies pour cette exposition sont le fruit des rencontres entre les plus grands artistes du T.A.G. (Tag And Graff) et Alain-Dominique Gallizia, lancé depuis trois ans dans cette quête permanente du dernier art né au XXème siècle. Elles révèlent la volonté des artistes, pleinement impliqués dans le projet, de laisser dans l’histoire une trace indélébile de leur talent.

Les toiles ont toutes été réalisées selon un même principe de triple unité : Un même format (une double toile horizontale de 60x 180 cm), un même thème (la signature de l’artiste à gauche et un sujet libre sur l’Amour à droite) et, si possible, un même lieu ouvert aux artistes : l’atelier d’Alain-Dominique Gallizia à Boulogne-Billancourt.

L’objectif, un peu fou, est de recueillir, en instantané et pour toujours, l’empreinte comparative, à la fois esthétique et historique, de ce mouvement. Cette collection témoigne de l’énergie de la rue où s’expriment toutes les nationalités, depuis les pionniers américains et les incontournables Européens jusqu’aux générations émergentes de Corée (Reach), d’Iran (Isba) ou du Brésil (Nunca). Lettres bulles, nuages ou bâtons, signatures chromées, personnages de bande dessinée détournés ou « free-style », les toiles présentées au Grand Palais offrent un panorama unique et varié de styles et de couleurs.

Au début des années 80, le phénomène explose à New York, révélant le talent d’un jeune artiste Jean-Michel Basquiat. Sous le nom de SAMO (Same Old shit), il inonde le quartier des clubs et des galeries du bas de Manhattan de ses aphorismes à la bombe de peinture. C’est à cette époque qu’il rencontre Rammellzee et Toxic (tous deux artistes de la Collection Gallizia) avec lesquels il fonde les Hollywood Africans. Un tableau de Basquiat conservé au Whitney Museum porte d’ailleurs ce nom.

Alain-Dominique Gallizia, architecte passionné de graffiti, ayant grandi entre Paris et la Provence, ouvre en 1984 son agence à Boulogne, spécialisée dans les maisons particulières de clients le plus souvent collectionneurs. C’est en croisant un jour un artiste travaillant sur la palissade de son chantier qu’il décide de collecter les empreintes de cet art éphémère de la rue en invitant les artistes à laisser leur trace dans l’histoire sur une double toile à jamais conservée.