Biennale Mac Lyon

MAC LYON

  • 11ème Biennale de Lyon
  • 15 sept. > 31 déc. 2011

Pour la 11e édition de la Biennale de Lyon, j’ai voyagé et fait en sorte que cette exposition parle tout à la fois de l’incertitude du présent et de son proche avenir, qu’elle parle de la condition de l’artiste et de l’absolue nécessité de l’art tout en restant ouverte au doute, à la contradiction, au changement et au mouvement. Au cours de mes recherches, j’ai été touchée par la perplexité de William Butler Yeats qui, face à son propre présent, écrit le poème Pâques, 1916, dont le célèbre vers « une terrible beauté est née » donne son titre à la Biennale.

Dans le poème, Yeats s’interroge sur l’insurrection de centaines de rebelles revendiquant la libération de l’Irlande par l’occupant britannique. À première vue, le poème semble célébrer ces martyrs qui donnèrent leur vie pour l’indépendance. Mais en y regardant de plus près, il est évident que Yeats doute.

Le poème, troublant, navigue entre affirmation, questionnement et négation. Il est fondamentalement en guerre contre lui-même. Ainsi, le titre de la Biennale a toujours été plus un outil méthodologique qu’un thème en soi. Il permet d’interroger la force du paradoxe et de la tension, et l’état d’urgence du monde et des arts aujourd’hui. Dans son ensemble, l’exposition affirme le rôle primordial de l’imagination comme principale force d’émancipation et support essentiel de la connaissance.

En rassemblant l’éventail le plus large des poétiques développées par les artistes d’aujourd’hui pour répondre à notre monde tortueux, la Biennale se penche sur la question de l’oppression et le besoin fondamental de libération. Elle aborde la possibilité de croire en l’utopie tout en démasquant certaines actions terrifiantes menées en son nom. La Biennale s’autorise à penser que l’art est l’un des supports de la connaissance où le rationnel et l’irrationnel peuvent coexister à travers l’association et même la contradiction de méthodologies très variées : les notions modernes de science et d’encyclopédie, le mysticisme, la fantasmagorie, l’hallucination, le délire, le jeu et le hasard.

Victoria Noorthoorn, commissaire