Mac Val Vitry-sur-Seine, IFP

MAC/VAL, Vitry-sur-Seine

Pour la première fois en France, le MAC/VAL réunit un ensemble d'oeuvres d'INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP). Construite sur la base d'un dispositif inédit qui actualise un certain nombre d'oeuvres et favorise de nouvelles combinaisons, l'exposition mettra en évidence la manière dont (IFP) a anticipé et interrogé les conditions de possibilité de l'art à partir des années 80. Fondée en 1984 par Jean-François Brun, Dominique Pasqualini et Philippe Thomas réunis sous le label IFP (acronyme de Information Fiction Publicité), l'agence a existé jusqu'à la fin de l'année 1994.

Les trois termes INFORMATION FICTION PUBLICITE proviennent d'un diagnostic et d'une réflexion sur l'actualité (de l'art) ; trois termes « abandonnés dans un certain flottement qui autorisent plusieurs niveaux de lecture : un sens commun, un sens plus philosophique et un sens plus général » ; trois notions « nodales » également choisies parce qu'elles permettaient alors à IFP de définir un nouveau territoire théorique à partir duquel penser l'art (et l'état du monde).

Les activités d'IFP débutent dans une période où émerge une génération d'artistes anglo-saxons qui fait aussi de l'image et des mass-média le centre de sa pratique (Jenny Holzer, Barbara Kruger, Sherrie Levine, Allan Mc Collum, Richard Prince). Les propositions de Jean-François Brun, Dominique Pasqualini et Philippe Thomas (jusqu'au printemps 1985 pour ce dernier) prennent alors des formes variées et diffuses : conférence (L'invention des figurants, 1984), ventes de livres et de disques (Entendons-nous bien, toute la lumière reste à faire sur la réserve de Ligne Générale, 1984, et Vers l'espace du non-encombrement..., 1985), défilé de mode (Dorothée bis, 1984), inserts (revues File et Artistes, catalogue Alibis, 1984), etc.

L'exposition au MAC/VAL documentera ces propositions, et donnera à voir les objets soignés et les « images génériques » qui ont définitivement singularisé l'art d'IFP : des caissons lumineux (utilisés ici avant de devenir un gimmick de l'art des années 80), des dispositifs utilisant des strapontins (sortes de ready-mades importés du métro parisien), des vues photographiques de fragments de ciel nuageux et des oeuvres (sur bâches PVC aux dimensions importantes ou sérigraphies directement collées au mur) exagérément « plates » qui peuvent se lire comme des écrans ou des surfaces de projection.