Mac Val Vitry-sur-Seine, Marylène Negro

MAC/VAL, Vitry-sur-Seine

Exposition collective : Johanna Billing, Jakob Gautel, Clarisse Hahn, Matthieu Laurette, Marcello Maloberti, Melanie Manchot, Aleksandra Mir, Frédéric Nauczyciel, Marylène Negro, Tsuneko Taniuchi.

L'exposition réunit les oeuvres de dix artistes dont le travail repose, notamment, sur le hiatus espace intime/espace public. Au travers d'oeuvres évolutives, performatives et collaboratives, c'est d'identité(s) et de représentation(s) de soi dont il sera question. D'identités en mouvement, en recherche, en construction. Entre apparition et disparition, camouflage et funambulisme, il sera question de communauté, de visibilité, de genres, de sexe social, de colonialisme, de luttes, de centre et de périphérie. D'affirmation et de situation. De positionnements, d'allers-retours. D'image. De corps. À terme, c'est à une réflexion sur l'endroit de l'oeuvre, la nature de l'art et le rôle de l'artiste qu'invitera l'exposition. Johanna Billing, avec You don't love me yet (2002- .…), archive une collection de reprises de la chanson éponyme de Roky Erickson, articulant ainsi singularité et dynamique collective, entre différence et répétition. Jakob Gautel part sur les traces de son aïeule Marla Theodora (1862/63 et 1996/97), entre Indonésie et Allemagne au milieu du 19ème siècle.

Extrait de la série «Notre corps est une arme», Los Desnudos (2011) de Clarisse Hahn dévoile l'histoire de paysans mexicains qui ont mis en place une nouvelle forme de lutte pour protester contre la spoliation de leurs terres. Depuis 1998, Matthieu Laurette dresse une cartographie subjective du monde à l'aune de son activité professionnelle en proclamant régulièrement : «I am an artist». Marcello Maloberti travaille à rendre visible ce qui ne se montre pas dans des actions qui rassemblent et tissent du lien social dans des formes proches du carnaval et de la procession. Melanie Manchot perturbe les représentations corporelles établies, interrogeant la conscience du corps entre intimité et partage festif avec Dance (All Night, Paris) (2012) tandis que Perfect Mountain (2011) questionne le tourisme de masse.

Dans une perspective postcoloniale et féministe, Aleksandra Mir, avec First Woman on the Moon (1999), réévalue l'histoire de la conquête spatiale, et au delà, l'histoire de toute extension territoriale. Les oeuvres de Frédéric Nauczyciel scrutent la dissimulation et les représentations du corps et de l'identité masculine en milieu hostile. The Fire flies, Francesca (2011) porte un regard immergé et attentif sur la communauté noire queer de Baltimore. Marylène Negro cherche à trouver une place dans le flux ininterrompu des images d'actualités (Daymondes 2012) et brosse une sorte de portrait collectif fugitif et fragmentaire avec Et maintenant : 06 21 58 43 67 (2012). Depuis 1995 dans ses «Micro-événements», Tsuneko Taniuchi met en crise stéréotypes et clichés liés à la condition féminine. Avec la série des «Mariages» démarrée en 2002 c'est tout le pacte social qui est redéfini.