Magasin CNAC Grenoble

Andro Wekua

Sunset - I love the horizon

Andro Wekua est né en 1977 à Sochumi en Géorgie. Il quitte la Géorgie en 1994 pour Bâle puis Zürich, vit et travaille désormais à Berlin.

«Sunset» est une installation monumentale d’Andro Wekua conçue spécifiquement pour la Rue du Magasin, qui consiste en un assemblage de 170 carreaux de céramique. Son motif est réalisé à partir d’un dessin de l’artiste, grossi 600 fois et sérigraphié sur la surface des carreaux. L’image du coucher de soleil comme tonalité parfaite s’y érige en une façade, portée et soutenue par une structure en métal.

«I Love the Horizon» est une exposition collective, proposition d’Andro Wekua avec le concours de Daniel Baumann. Le coucher de soleil et l’horizon renvoient à des idées communes d’éternité, d’introversion, de beauté, mais également au vécu de chacun, à une expérience faite à de multiples reprises. Ils sont -comme l’art– un théâtre et une scène où nous, le public, projetons notre nostalgie, nos concepts et enthousiasmes, qu’ils absorbent comme des trous noirs. On en perdrait du fait tout entendement, toute forme de capacité à raisonner. L’art nous ouvre de nouveaux horizons, et nous amène (comme l’esprit) à des espaces de mélancolie, de connaissance et d’émancipation. I Love the Horizon leur est dédié.

En 1972, l’artiste polonaise Ewa Partum ensablait une feuille de papier avec la phrase «New Horizon is a Wave». Dans ses films, Poems by Ewa (1972), on la voit jeter des lettres en papier dans la mer et dans un ravin, pour y dissoudre la langue (des hommes).

L’exposition I Love the Horizon se termine dans les montagnes et dans la vie, au delà du coucher de soleil et de l’horizon, dans deux documentaires sur la rudesse de la vie dans l’isolement de la montagne, en Espagne et en Géorgie avec les films Las Hurdes (1932) de Luis Buñuel et Salt for Svanetia (1929) du réalisateur géorgien Mikheil Kalatozishvili.

A leur suite vient un espace rassemblant des images de Rita Ackermann, Xavier de Maria y Campos, Jannis Jaschke, Martin Kippenberger, Emil Michael Klein, Nick Mauss, Sergej Paradjanov, Richard Prince et Yves Saint-Laurent. Il est dédié au temps : Martin Kippenberger parachève les portraits de Jacqueline Picasso, Rita Ackermann pose des masques sur le temps, Xavier Maria y Campos l’allonge en prenant sa femme comme modèle de ses photographies pendant des années, Yves Saint-Laurent et Sergej Paradjanov le conjurent par l’amitié, et Richard Prince le multiplie avec des photos photographiées.

Auparavant, des textes de Anna Moschovakis, Anne Sexton, Marina Tsvetaeva, Derek Walcott et Adam Zagajewski et une projection de Trisha Donnelly sont présentés dans un autre espace. Cette salle d’exposition est dévolue à la poésie, consciente de son insuffisance en regard de l’importance de l’espace.

Dans la plus grande salle enfin, l’abstraction fait son entrée, avec pour dessein un endroit prometteur d’autonomie, de vide ; à l’image d’une salle blanche, avec des oeuvres de Ketuta Alexi-Meskhishvili, Steven Parrino, Seth Price, Piotr Uklanski. Au tout début, l’exposition commence avec le 50 50 d’Olivier Laric. Il s’agit de films trouvés sur YouTube de fans de 50 Cent, qui chantent sa chanson In Da Club. A partir de séquences isolées, Laric a monté un nouveau tube, qui chante le choeur d’une communauté globale, pour porter le visiteur de l’exposition vers d’autres horizons de pensée.