Maison Rouge Collection Olbricht

MAISON ROUGE, Paris

Médecin de profession, grand collectionneur d’art, originaire d’Essen en Allemagne, Thomas Olbricht a créé il y a deux ans un nouveau lieu dédié à l’art contemporain à Berlin, me collectors room, pour y présenter des expositions temporaires, à l’instar de la maison rouge.

La collection Olbricht, l’une des plus importantes d’Allemagne, réunit plus de 2500 oeuvres, dont un florilège est exposé de manière permanente à me collectors room, est présentée pour la première fois en France.

Sa spécificité est son ouverture, puisqu’elle couvre plus de 500 ans d’histoire, du 16è siècle à nos jours, comprenant des oeuvres aux supports, médiums et genres les plus variés : des gravures de Albrecht Dürer, Martin Schongauer ou Francisco de Goya à celles des frères Chapman, des photographies historiques de Robert Capa aux tirages de Cindy Sherman ou Vic Muniz de la peinture flamande et italienne aux réalisations de Gerhard Richter, Sigmar Polke ou Allan McCollum, des statuettes en ivoire de la Renaissance aux bronzes de Thomas Schütte ou aux cires de Berlinde de Bruyckere.

Ce voyage que le collectionneur a choisi de faire dans l’histoire de l’art, il le mène à partir de thématiques fortes qui structurent ses choix, traversent toute la collection et lient les oeuvres entre elles malgré leurs différences de date, de medium, de statut. La mort et sa représentation, la vanité des choses, la foi, la guerre, la fragilité et la beauté du corps féminin, le regard des artistes sur l’étrange et le merveilleux, rendent cette collection unique et hautement troublante.

L’une des caractéristiques les plus frappantes de cette collection est la reconstruction d’une Kunst und Wunderkammer (un cabinet d’art et de curiosités). Prototype de l’idée occidentale du musée à la Renaissance, collection d’objets spécifiques, assemblés en fonction de certains critères, comme l’émerveillement et la connaissance, la tentative d’approcher le monde dans la compréhension des corrélations entre art, nature et science.

S’y retrouvent des matériaux naturels organiques ou minéraux, de précieux modèles anatomiques miniatures, des instruments de mesures originaux, des outils chirurgicaux autant que des objets d’art, avec un focus particulier sur les memento mori, objets représentant crânes et squelettes, aussi bien en ivoire, qu’en coquille de noix ou en bois et corail, dont le but essentiel au-delà de la prouesse artistique, était de rappeler à l’homme qu’il est mortel.