Maison Rouge Lebel

MAISON ROUGE, Paris

Cet automne, la maison rouge présente la démarche d’un artiste protéiforme, accumulateur, rassembleur, collectionneur à sa manière, Jean-Jacques Lebel. Depuis 1955, Jean-Jacques Lebel expose, écrit, filme, édite, coordonne, s’engage dans des processus collectifs. Artiste avant tout, organisateur de manifestations, d’expositions ou de festivals internationaux, poète, théoricien, activiste politique, toutes les formes de sa trajectoire «d’agitateur inspiré» constituent des éléments inséparables de son travail de plasticien. Ce sont quelques productions de l’imaginaire de cet artiste, de ce passeur, de cette figure marquante des avant-gardes des cinquante dernières années, que cette exposition présente.

Le titre : «Soulèvements» par-delà son sens évident, suggère des significations qui vont du politique au poétique, du réel à ses représentations, de la pensée aux langages les plus diversifiés. C’est sous l’égide de ce vocable polysémique que sont associées, afin d’esquisser la silhouette existentielle de cet insurgé, ses propres œuvres, celles de ses amis et compagnons, ainsi que les objets d’art ou de combat qu’il a réunis autour de lui et dont il nourrit sa subjectivité.

Le parcours est organisé selon des thèmes qui correspondent aux obsessions de Jean-Jacques Lebel quant à l’énigme posée par l’œuvre et au contexte collectif de son émergence. Happenings, Insoumission, Poésie, Hallucination, Eros, Dada, la Guerre ou le Rhizome… en sont quelques exemples. Ces ensembles interconnectés permettront au visiteur d’entrer en relation avec quelques-unes des principales installations de Jean-Jacques Lebel, des œuvres d’Arts Premiers ou d’artistes anonymes mais aussi, celles d’alliés aussi importants que Johan Heinrich Füssli, Giuseppe Arcimboldo, Louise Michel, Fourier, Ravachol, Guillaume Apollinaire, Marcel Duchamp, Pablo Picasso, Otto Dix, Erró, Antonio Saura, Konrad Klapheck, Öyvind Fahlström, Peter Saul, Camilla Adami, Orlan… Près de trois cents œuvres avec lesquelles l’artiste entretient depuis longtemps un dialogue soutenu, et sans fin.

Cette exposition célèbre la subjectivité radicale d’une personnalité hors-norme, concentrée sur l’intensité de l’échange permanent entre l’art et la vie, la recherche et la méditation, le soi et le tribal. Une œuvre qui déborde largement les disciplines et les classifications, une pensée en action qui puise à l’imaginaire de toutes les époques, de toutes les civilisations au mépris des frontières et des conventions.