Mam St Etienne Coulibeuf

MAM St-Etienne

Pierre Coulibeuf, né en 1949 à Elbeuf, en Normandie, cinéaste et plasticien, réalise à partir de 1987 des fictions expérimentales qui investissent savamment le champ de l'art, et dans lesquelles les changements d'identité, le dédoublement, la métamorphose affectent les univers et les artistes qui inspirent ses oeuvres. Il a réalisé des courts et des longs métrages, tournés en 16 et 35 mm, d'après notamment les univers de Pierre Klossowski, Michelangelo Pistoletto, Marina Abramovic, Michel Butor, Jean-Marc Bustamante, Jan Fabre et Meg Stuart. On peut citer Klossowski-peintre exorciste (1987-1988), L'Homme noir (1993-98), Balkan Baroque (1999), Lost Paradise, Les Guerriers de la beauté (2002), ou encore Somewhere in between (2004) et Amour Neutre (2005). Ses oeuvres ont été présentées dans de nombreux festivals internationaux de cinéma, puis sous forme de films-installations dans le réseau de l'art contemporain. Certaines sont entrées dans de grandes collections en France et à l'étranger.

Pierre Coulibeuf présente au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole ses dernières productions au sein d'une exposition-installation dans différents espaces du musée, dont le titre concept est Dans le labyrinthe. L'artiste décrit un monde fait de "signes obscurs, de figures mouvantes, étranges", un monde devenu fable, qui offre au visiteur de multiples rencontres imaginaires.

Les diverses réalités de l'art, photographie, cinéma, littérature, musique, danse, sont présentes dans les oeuvres exposées à différents endroits du musée, notamment dans le Cabinet d'arts graphiques, avec Dédale (2009), film-installation composé d'une série de photographies et de quatre images en mouvement (commande de la Fondation Iberê Camargo, à Porto Alegre au Brésil, Dédale y est exposée depuis le 4 juin dernier. L'exposition a été labellisée "Année de la France au Brésil").

"Le monde est une énigme, voudrait signifier l'exposition-installation : c'est-à-dire un monde fait de signes obscurs, de figures mouvantes, étranges, de chemins qui bifurquent sans cesse - mais aussi de contradictions, de retours, de dédoublements. Un monde où les personnages semblent habités par des puissances extérieures. Un monde de médiums, de passeurs (les acteurs, les artistes acteurs) : passage d'une réalité à une autre, d'un état psychique à un autre. Un monde conduit par un principe de répétition-variation qui affecte le langage, les êtres, les lieux.

Dans ce labyrinthe, Ariane a emmêlé son fil ; elle nous perd et, nous perdant, nous permet de faire des rencontres, de faire l'épreuve du Retour, l'épreuve du cercle sans commencement ni fin, où les identités se dissolvent pour faire place aux simulacres, aux fictions pures. Le monde est devenu fable, c'est-à-dire le monde n'existe que dans le récit (...)."

"Des territoires se chevauchent, se croisent ou encore s'interpénètrent dans l'espace propre du cinéma. La dynamique mentale qui innerve l'oeuvre filmique recomposée dans l'espace d'exposition met les réalités de l'art en mouvement, brouille les codes et les frontières ; elle suggère ainsi des possibilités d'expression nouvelles, propose des interprétations du monde, invente une réalité autre, sensible, multidirectionnelle, ouverte à l'activité combinatoire du regardeur."