Mam St Etienne Denis Oppenheim

MAM St-Etienne

Dennis Oppenheim est un créateur échappant à toute forme de classification ou de système. Suite notamment à sa rencontre avec Robert Smithson, il a d’abord concentré son travail sur des réalisations de Land Art ("Annual Rings", 1968), puis de Body Art ("Reading Position for second Degree Burn", 1970).

Dans ces différentes pratiques utilisant le paysage ou le corps, la question centrale pour Dennis Oppenheim reste la sculpture. L’artiste affirme avoir pris conscience de son corps en arpentant les espaces, et l’expérimentation sur le corps poursuit l’inscription dans un lieu. Ces premières formes d’expériences de la "sculpture", marquage d’un lieu ou d’un corps vont ensuite s’incarner dans la fabrication d’objets hybrides, de structures monumentales, ou d’installations aux combinaisons surprenantes.

Avec "Theme for a Major Hit" en 1974, Dennis Oppenheim met en scène 22 pantins de 80 cm de haut, habillés, mécanisés grâce à un moteur et suspendus au plafond. Ces marionnettes articulées bougent au rythme d’une chanson écrite par l’artiste, et jouée par Roger Welch à la batterie et Bill Beckley à la guitare notamment, deux artistes plasticiens présents dans nos collections. Le refrain, " It ain’t what you make, it’s what makes you do it" - "ce n’est pas ce que tu fais, c’est ce pourquoi tu le fais", reprend un des questionnements propre au milieu artistique des années 1970 : le concept peut-il prévaloir sur la réalisation…

Plus tard Dennis Oppenheim se lance dans la fabrication de machineries complexes, documentées par des dessins préparatoires réalisés a posteriori. La sculpture toujours, mais au service d’une dynamique, d’un effet ou d’une transition. Il utilise les feux d’artifice, le son, la lumière. Il montre des figures populaires, des animaux, des objets du quotidien, qu’il mêle entre eux au travers de rencontres inédites prises dans des jeux d’échelles déroutants. Pour le critique d’art Germano Celant, ces œuvres sont "basées sur une série de surprises structurées autour d’un rythme marqué par des passages narratifs identiques. […] Elles montrent l’évidence macroscopique d’une crise dans les relations entre les objets et les êtres, entre les mots et les images."