Mamac Nice Philippe Favier

MAMAC, Nice

Philippe Favier fait partie de ces artistes inclassables, prolixes, qui nous surprennent par leur inventivité sans cesse renouvelée. Il est présent dans les collections du musée depuis 1982 avec une oeuvre dont le titre très poétique Ni n'est-ce pour rien que les chrysalides s'accouplent montrait un collage d’infiniment petits guerriers montés sur des destriers. Cette notion d’«infiniment petit» demeure présente dans toute l’oeuvre de l’artiste qui comprend actuellement environ 6 000 pièces.

Philippe Favier porte une interrogation récurrente sur la nature humaine, dérisoire, absurde ou tragique à la fois, dans des compositions où foisonnent dessins à l’encre, aquarelles, collages, écritures. Pour l’exposition dans la Galerie contemporaine du Mamac, il a choisi 150 éléments, des objets et des oeuvres sur papier, qui montrent son intérêt constant pour l’univers de la papeterie et de l’écrit. Tampons, portes-plumes, lutrins, tout ce qui sert à écrire, décrire, illustrer depuis des temps immémoriaux.

Papiers vieux, cartes de géographies et relevés cadastraux, carnets de notes anciens, sont couverts de petits personnages étranges dans lesquels on reconnaît des squelettes, des crânes, des os, des machines impropres à l’usage, qui sont devenus étrangement les acteurs de saynètes plus ou moins grinçantes. Une des pièces majeures de l’exposition, le Grand livre déroule ses écritures offertes à la sagacité du lecteur convié à repérer les énigmes proposées avec malice. Mais aussi les Lucky One, Ecrevisses et architectes, Ardoises, tout un univers propre à Favier et où on entre avec délices.

«Mais avant toute chose, je crois être un dessinateur plus qu’un peintre. J’aime le contact du crayon ou de la plume sur le papier, de la pointe sur le métal ou sur le verre, le mou du pinceau dans ce qu’il transmet de déséquilibre, de vertige, m’indispose quelquefois...»