Mamac Nice Richard Long

MAMAC, Nice

«A Line made by Walking», œuvre séminale du sculpteur Richard Long datant de 1967, tient lieu de programme. En effet, une ligne faite en marchant, sera pour lui un concept évolutif reposant sur le fait que l’art est fait en arpentant le lieu, que des photographies seront réalisées pendant le chemin et que les marches sont établies à partir de textes, les Textworks.

Déjà présent au MAMAC en 2004 dans l’exposition collective Intra-Muros, Richard Long se voit ici offrir une carte blanche afin de créer in situ des œuvres éphémères associées aux sculptures et photographies. Ne prétendant à aucune exhaustivité rétrospective, la présente exposition regroupera des travaux récents, donc pérennes, à des œuvres réalisées in situ sur les cimaises du musée.

Plus précisément, Long présentera des photographies issues de ses derniers voyages (Inde, Egypte et Afrique du Sud) ainsi que des sculptures de la série Fingerprints réalisées sur des objets en bois (piquets de tentes touaregs, dossiers de campement ou tablettes coraniques) glanés entre Agadez, au Niger et Essaouira au Maroc.

Pour l’arpenteur du monde qu’il est, présenter un travail muséal au public ou œuvrer dans l’Himalaya n’est pas antinomique, bien au contraire : «les deux types de travaux, à l’intérieur ou à l’extérieur, ont la même raison d’être. Je suis le même artiste avec la même sensibilité, bien qu’il soit important que je puisse travailler en pleine nature, dans la solitude d’esprit. Peut-être que ces travaux ne seront vus par personne, mais il est nécessaire que le public en connaisse l’existence par les photographies, les cartes ou les textes, sans qu’il ait vu les œuvres elles-mêmes dans le paysage».

Parallèlement, les œuvres crées in situ couvriront un triple champ : deux Landscape Sculptures, un Text Work et surtout des Mud Drawings dessinés à la main à l’aide d’un gant de vaisselle. Les deux sculptures au sol sous forme de cercle ou d’arc-de-cercle utiliseront des pierres équarries rouges ou blanches de La Turbie ou d’Auvergne ; la spirale, les hexagrammes et l’arc de boue seront composés quant à eux de boue du fleuve Avon (baignant sa ville natale de Bristol et lieu de marches innombrables autour de Dartmoor et Exmoor), d’argile de Vallauris et de kaolin.

Pour l’artiste, la boue est un médium à mi-chemin entre la pierre et l’eau, entre peinture et sculpture, facilement transportable dans n’importe quelle partie du monde.