Exposition, Palais de Tokyo, Paris

PALAIS DE TOKYO

Quelques maisons, une station service, un bureau de poste, deux diners... Et une base scientifique énigmatique. Gakona, petit village au centre de l’Alaska, abrite le programme de recherche américain HAARP (High-frequency Active Auroral Research Program).

Inspirés par les travaux de l’inventeur Nikola Tesla, des chercheurs y étudieraient la transmission de l’électricité dans les hautes couches de l’atmosphère. Mais, en raison de son financement militaire et des peurs liées à l’électromagnétisme, HAARP est aussi devenu une source intarissable de rumeurs. Dérèglement climatique, influence sur les comportements humains… On prête à cette forêt d’antennes des pouvoirs dignes de la science-fiction.

GAKONA, première session de l’année 2009, se situe à la croisée du fait et de la rumeur, du réel et du fantasme, de la science et de l’imaginaire. Elle est constituée de quatre expositions personnelles : Chizhevsky Lessons de Micol Assaël, gigantesque générateur d’électricité statique, Haarp de Laurent Grasso (Prix Marcel Duchamp 2008), dispositif inspiré par le programme éponyme, une exploration de l’espace négatif par Ceal Floyer et un ensemble de sculptures-événements de Roman Signer.

Autant d’œuvres immatérielles, impalpables, presque invisibles, qui tirent leur force des peurs et des projections du spectateur.

Après une année 2008 marquée par une mise en perspective de la logique du spectacle, le Palais de Tokyo se propose en 2009 de porter la question de l’exposition au-delà de son impact visuel. Poursuivant sa volonté de montrer des œuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, théorique ou esthétique, il continue ainsi de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre des pôles opposés.