| |
|
| |

|
La Marque Noire Steven
Parrino
Rétrospective, Prospective |
|
| |
|
| |
Palais de Tokyo - Paris jusqu'au 26 août
2007 |
| |
|
|
| |
|
|
| |
Durant près de trois décennies
Steven Parrino a renoué un lien vital avec le principe prétendument
dépassé de "radicalité". Au début
des années 1980, alors que la sentence publique proclamait
la mort de la peinture, plutôt que de se joindre aux funérailles,
Parrino prit le parti de la nécrophilie. Entre ses mains,
les techniques issues de l’appropriation se firent délictueuses,
un moyen pour lui d’incarner de manière convulsive
l’effondrement du récit des avant-gardes. Non pour
projeter une image distancée de cet échec historique,
mais pour produire une matérialisation visuelle brute de
ses effets. Ni nostalgiques ni cyniques, ses peintures monochromes
froissées, ses films et performances, ses photocollages et
travaux sur papier réalisés avec des matériaux
aussi chargés de sens que peuvent l’être l’émail
industriel, le sang ou les paillettes, procèdent plus des
peintures noires de Frank Stella et de son credo "ce que vous
voyez est ce que vous voyez" que de toute tradition post-pop
distancée. Et encore, précisons, pas de n’importe
quels tableaux noirs de Stella, mais plus spécifiquement
de Arbeit Macht Frei (1958) et Die Fahne Hoch (1959). Aux yeux de
Parrino, ces toiles n’étaient pas "noires"
pour rien…
Au noir de Stella, il faut encore ajouter l’argent
des tableaux de désastre de Warhol (1963). Tout comme les
toiles monochromes froissées de l’artiste, qui évoquent
la carrosserie d’une voiture après un accident, les
dessins de Parrino s’appropriant des images issues de sous-cultures
'biker', no-wave et punk, de la bande dessinée ou de manchettes
de tabloïds, sont autant de "signes évidents d’une
violence servie à froid" (Robert Nickas). |
|
| |
|
| |
La rétrospective du Palais
de Tokyo comporte près d’une centaine d’œuvres
réparties en trois espaces distincts. Tout d’abord,
une sélection importante d’œuvres "figuratives"
des années 80 et du début des années 90 met
en exergue la fascination de Parrino pour la surface infiniment
glamour, volontairement bête et méchante, de la contre-culture
américaine. La partie centrale de la rétrospective
s’inspire des grandes expositions de peintures réalisées
par l’artiste tout au long de sa carrière, et réunit
nombre de ses toiles les plus emblématiques, tel que Slow
Rot (1988), un tableau "peint" avec de l’huile de
vidange, ou Stockade (1989), qui prend la forme d’un pilori.
Enfin, est présenté un choix des dernières
œuvres de Parrino, où s’installe un dialogue avec
la figure de Smithson, nourri de science fiction apocalyptique et
de carnavalesque satanique.
"La radicalité vient du contexte et
pas nécessairement de la forme, écrit Parrino. Les
formes sont radicales dans la mémoire, en perpétuant
ce qui fut radical autrefois par l’extension de leur histoire.
L’avant-garde laisse un sillage et, mue par une force maniériste,
elle poursuit son avance. Même dans la fuite, nous regardons
par-dessus notre épaule et approchons l’art par intuition
plutôt que par stratégie. Vu sous cet angle, l’art
est plus culte que culture". Fabrice Stroun, Conservateur associé,
Mamco, Genève, et commissaire invité. |
| |
|
| |
Source
& lien : Le site du Palais de Tokyo |
|