Centre Pompidou Arman

CENTRE POMPIDOU, Paris

"Je suis placé en fianchetto", répondait Arman à Marcel Duchamp en 1961, à New York. Il tentait par ce subterfuge d'attirer sur lui l'attention du "maître".

En utilisant ce langage de joueur d'échecs – qui désigne la place du fou en contrôle de la diagonale –, l'artiste français, signataire du manifeste des nouveaux réalistes en octobre 1960, décrivait sa position sur la carte de la scène artistique française : regardant Paris depuis Nice, il se figurait sur cet axe majeur avec devant lui une perspective quasi infinie.

Arman affectionnait les boîtes, les cases, les territoires prospectifs du jeu d'échec et surtout du jeu de go.

"Et s'il n'en reste qu'un [il] serait celui-là." La solitude du roi. À la fin de 1959, Arman fait un geste parmi les plus iconoclastes du 20e siècle en devenant l'artiste des poubelles. "L'homme est confronté avec ce qui le dégoûte : l'odeur, le gluant du toucher, la décomposition."

En réunissant des déchets dans une vitrine, Arman dévoie le principe de préciosité, de valeur, et affirme – avec un goût prononcé de la provocation et en héritier de Marcel Duchamp – le principe de valeur ajoutée de la décision artistique.