Centre Pompidou Morellet

CENTRE POMPIDOU, Paris

François Morellet a réalisé un grand nombre d'installations depuis le début des années 1960 au sein des activités d'une association d'artistes, le Groupe de recherche d'art visuel (GRAV), puis seul, dans toutes les circonstances et sur les supports les plus variés, à l'intérieur, à l'extérieur, au sol, sur les murs, dans les arbres, dans toutes sortes de lieux – la synagogue de Delme, l'église Sainte-Irène d'Istanbul, le col de la Furka, le musée de Dijon, le parc du château de Münster –, avec les moyens les plus variés (ruban adhésif, tubes de néon, morceaux de bois, tas de sel, plaques de métal).

Ces installations sont souvent directement issues de son oeuvre de peintre, dont elles constituent une extension dans une autre dimension et avec un autre but, celui d'occuper l'espace, d'être en rapport avec un lieu.

Ainsi la superposition de parallèles sur la façade de la galerie Denise René, à Paris, en 1971, est-elle directement issue des réseaux de lignes utilisées par l'artiste dans ses tableaux faits de grilles comme celui du Centre Pompidou, Quatre doubles trames traits minces 0° 22°5 45° 67°5, qui date de 1958.

Pour « Réinstallations », un choix de ces oeuvres a été effectué avec François Morellet qui retrace cette histoire dans une rétrospective, de 1963 jusqu'à aujourd'hui : elle met l'accent sur la diversité des installations, qu'elle réinterprète le cas échéant ou dont elle reconstitue et adapte les espaces qui les avaient accueillies ou les supports sur lesquels elles ont été opérées.

On découvrira donc successivement certaines de ses réalisations pleines de surprise pour les « labyrinthes » du GRAV, des environnements faits de tubes de néon clignotants, parfois d'une grande agressivité visuelle, des décors sur les murs donnés par des bandes adhésives disposées selon un certain ordre, une pièce occupée par des tubes métalliques, allant du plafond aux murs et au sol, dans laquelle il est difficile de se déplacer, des espaces garnis de tubes de néon rouge ou bleu couvrant le sol et montant sur les murs, des poutres ou des branches de bois utilisées dans toutes sortes de positions, des tableaux entièrement blancs disposés sur le mur donnant l'impression d'un grand désordre et dont il faudra découvrir le principe, des arabesques faites d'arcs de cercle en tubes de néon se déroulant sur les murs ou encore un espace rempli de tubes de néon pendant du plafond, touchant peu à peu le sol et finissant à l'horizontale. Un vrai spectacle, une ambiance de fête.