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Le Centre Pompidou, Musée national d'art
moderne consacre une grande exposition à Yves Klein, artiste
majeur de la seconde moitié du XXème siècle.
Longtemps enfermé dans un rôle d'artiste-emblème,
internationalement célèbre pour le bleu IKB et ses
monochromes, Yves Klein fut peu compris de son vivant. Mort prématurément
en 1962, à l'âge de trente quatre ans, après
une carrière fulgurante - Yves Klein a réalisé
son œuvre en l'espace de sept ans - l'artiste, dont la production
dépasse largement le champ de la peinture, n'a cessé
d'affirmer : "mes tableaux ne sont que les cendres de mon art".
Malgré de nombreuses rétrospectives
et notamment l'exposition présentée au Centre Pompidou
en 1983, l'œuvre de l'artiste reste encore largement à
découvrir ainsi que le révèle la publication
récente de ses écrits.
Réunissant cent vingt peintures et sculptures,
environ quarante dessins et manuscrits de l'artiste et un grand
nombre de films et photographies d'époque, cette exposition
propose une relecture du travail d'Yves Klein. Aussi fidèle
que possible aux déclarations de l'artiste contenues dans
les écrits publiés récemment, la scénographie
met en évidence l'importance qu'Yves Klein accordait aux
aspects multiples de son activité artistique : peintures,
sculptures, mais aussi performances, œuvres sonores, interventions
dans les espaces publics, projets d'architecture...
En reconstituant des œuvres telles que la
Sculpture aérostatique de 1957 (lâcher de
1001 ballons) ou l'Illumination de l'Obélisque
de la place de la Concorde de 1958, cette manifestation met sur
le même plan que les monochromes les actions éphémères
de l'artiste. Le travail d'Yves Klein repose sur un équilibre
dynamique entre deux pôles : le visible et l'invisible, la
matière et le vide, la chair et l'immatériel.
Cette tension est au cœur de son œuvre. Tout en explorant
la non matérialité au point d'exposer Le Vide
(Galerie Iris Clert, Paris 1958), Yves Klein continuera à
créer des œuvres visibles.
Le parcours de l'exposition s'articule autour des
trois couleurs emblématiques de Yves Klein : bleu, or et
rose, citées dans cet ordre dans ses écrits, ou rassemblées
dans quelques rares triptyques.
Dès 1959 c'est à partir de ces couleurs
que se construit l'œuvre de Klein. L'"Ex-voto" dédié
à Sainte Rita, 1961, déposé par l'artiste au
Monastère de Sainte Rita à Cascia (Italie), œuvre
inédite présentée dans l'exposition, constitue
un témoignage précieux de la valeur symbolique que
l'or et le rose représentent au même titre que
le bleu dans l'univers de sa création.
Le sous-titre de l'exposition Corps, Couleur,
Immatériel met l'accent sur les aspects du travail
d'Yves Klein qui le révèlent éminemment contemporain,
proche du regard des artistes aujourd'hui. L'implication physique
et quotidienne de l'artiste dans son œuvre, sa volonté
d'étendre le rôle de l'artiste par l'intermédiaire
de la couleur à une transformation (technique, urbaine et
philosophique) du monde, son utilisation de matériaux éphémères
et naturels, ainsi que son exploration de l'immatériel.
Source dossier de presse du Centre Pompidou |