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  Jardin d'amour - Yinka Shonibare MBE
   
 

Musée du Quai Branly - Paris
jusqu'au 8 juillet 2007

   
 

Créée pour le musée du quai Branly, par l’artiste londonien d’origine nigériane Yinka Shonibare MBE, l’installation Jardin d’amour s’inspire des jardins à la française et convie le public à s’engager dans un surprenant voyage. Dans le « jardin » – entre frondaisons, fontaines et bosquets -, les visiteurs découvriront un étrange ballet amoureux… Yinka Shonibare MBE poursuit ici sa réflexion sur l’identité et l’histoire, au croisement de ses deux cultures d’appartenance.

Fragonard revisité : entre humour et subversion : l'exposition « Jardin d’amour », de Yinka Shonibare MBE, offre une réflexion sur l'identité et l'histoire mêlant de façon indissociable ses deux cultures d'appartenance.

Elle développe un projet qui s’était amorcé au moment de l’acquisition par la Tate Modern de L'escarpolette, d'après Fragonard, et constitue une parodie de l'imagerie rococo sous la forme d'un "jardin d'amour". Elle restitue l’idée du labyrinthe et le jeu de la découverte des trois scènes amoureuses dans la progression du parcours.

Cette création pour le musée du quai Branly présente trois groupes reprenant la composition de la suite de Fragonard, « Les Progrès de l’amour », réalisée à l’origine pour le pavillon de Madame du Barry à Louveciennes:
- La poursuite (1770)
- Les Lettres d’Amour (entre 1770 et 1773)
- L’amant couronné (entre 1770 et 1773)
L’implantation des figures respecte l’esprit des jardins de l’époque, ses codes, son ordonnancement, sa végétation.
Il s’agit en réalité de mannequins sans têtes, de taille humaine, habillés à la mode du XVIIIe siècle français mais avec des tissus "wax", chers aux Africains d'aujourd'hui.

   
 

L’anachronisme est d’autant plus troublant que Yinka Shonibare MBE le manipule avec esprit, sans agressivité, bien que son œuvre ait, insidieusement, la violence d’un froid réquisitoire.

Cette installation souligne que la traite des esclaves favorisait l’insouciance, le libertinage, la liberté d’esprit et l’opulence propres à l’aristocratie française ; comme le dit l’artiste lui-même, désireux de faire réfléchir le public, « il y a toujours un prix pour le plaisir ».

Elle établit aussi une relation sous-jacente entre le désir de maîtriser la nature, qui s’exprime dans l’art du jardin au XVIIIe siècle, et la volonté de civiliser les « sauvages ».

Elle s’interroge enfin sur les conséquences actuelles du colonialisme, notamment dans la diaspora.

   
 

Sources & liens :
- En savoir plus sur Yinka Shonibare MBE
- Musée du quai Branly