Villa d'Arson

VILLA D'ARSON

Il est difficile d'aborder la nature sans tomber dans les lieux communs ou les pièges d'un discours moralisateur, forcément réduit à des considérations politiques sur un avenir incertain, promis à de sombres inquiétudes. Sans pour autant nier ces craintes et la portée des blessures que l'homme ne cesse de provoquer sur son environnement, on oublie aussi que la nature est elle-même porteuse de ses propres mutations qu'elle digère selon une logique d'évolution permanente.

L'exposition Acclimatation entend aborder ces phénomènes de mutations avec beaucoup de prudence. À la manière d'un jardin botanique qui collecterait des informations dans un souci d'expérimentation scientifique et d'observation publique, il s'agit avant tout de révéler les formes que ces bouleversements engendrent sur notre propre environnement. Objets hybrides et mutants, mêlant le vivant et l'artificiel, images ambivalentes ou parfois facétieuses, les oeuvres des artistes contemporains mettent en évidence la complexité de la question de la représentation de la nature aujourd'hui. Une nature ni bucolique, ni meurtrie, conçue comme un champ d'expérimentation des formes et des savoirs, partagée entre principes de réalité et fantasmes, conservation et anticipation.

Acclimatation reprend la structure en départements des musées d'histoire naturelle, partageant ainsi l'exposition en cinq chapitres successifs. Le premier, Pétrochimie, a pour but d'interroger les incidences provoquées par la production industrielle dans la définition même de notre environnement. Climatologie tente de reconstituer dans l'espace des salles d'exposition de la Villa Arson des micro-climats à travers des sensations furtives. Vivarium est par essence consacré au vivant et à sa faculté à se confronter à la matière morte de l'artifice. Arboretum, dédié spécialement au végétal, a pour vocation de constituer un paysage en soi, une forêt qui chercherait son identité. Enfin, Planetarium ouvre une porte de sortie vers un avenir fait d'anticipation, inventant de nouveaux territoires dans lesquels toutes les mutations ont déjà eu lieu.

Ce projet a été confié à Bénédicte Ramade, critique d'art et commissaire d'expositions indépendante, spécialisée dans les questions de l'art écologique et du paysage. Elle a notamment dirigé ses recherches doctorales sur l'émergence et le développement de l'art écologique aux États-Unis. Elle vient d'effectuer une résidence à Los Angeles et dans cinq états de l’ouest américain afin de poursuivre ses recherches.

L'exposition Acclimatation rassemble les oeuvres et de nouvelles productions d'une vingtaine d'artistes européens et américains dont certains n'ont jamais été exposés en France : Gabriela Albergaria, Pascal Bircher, collectif BP, Grégory et Cyril Chapuisat, Donna Conlon, Marti Cormand, Valère Costes, Carlee Fernandez, Peter Johannisson, Janice Kerbel, Vincent Kohler, Emmanuel Lagarrigue, Eve-Andrée Laramée, Charles Lopez, Pierre Malphettes, Mariele Neudecker, Miguel Palma, Gyan Panchal, Abigail Reynolds, Katrin Sigurdardottir.

La publication d'un catalogue est prévue pour la clôture de l'exposition, aux Presses du Réel pour la version française et chez JRP/Ringier pour la version anglaise.

Commissariat : Bénédicte Ramade

>>> A voir également à la Villa d'Arson jusqu'au 1er février 2009 : Mike Nelson