VILLA ARSON

Oliver Beer / Shingo Yoshida

24 nov. 2013 - 13 janv. 2014


Villa Arson, Olivier Beer, Shingo Yoshida

L’essentiel de l’oeuvre d’Oliver Beer (né en 1985 dans le Kent en Grande-Bretagne) s’articule autour de The Resonance Project dans lequel il expérimente l’interaction de l’espace et du vivant, de l’architecture et du son. Jusqu’à présent ce projet s’est toujours appuyé sur l’architecture existante. Pour la première fois il réalise à la Villa Arson une sculpture à l'échelle architecturale qui permet de recréer l’acoustique recherchée, la résonance. The Aural Architecture Module est un micro labyrinthe clos sur lui-même qui peut être habité par des chanteurs aguerris pour devenir un véritable instrument de « musique architecturale » ou par les visiteurs qui peuvent entendre les fréquences qui viennent de l’extérieur comme celles de leur propre voix - les deux distillées et affinées par la forme et les matériaux de cet espace.

Autour de ce module, sont disposés une partition de musique écrite par l’artiste comme « une formule qui permet d’accorder n’importe quel espace résonant » et un dessin, This is a Pipe, 2013. Ce denier est en réalité une sculpture si taillée dans la matière qu’elle donne l’illusion du dessin. Sa surface est plane jusqu'à l’évanescence. Ce leurre est pour l’artiste une extension du corps et du souffle, mais aussi une possible note de musique en forme d’apostrophe ludique qui vient nourrir le mur.

Plus loin, A Road to Nowhere, 2013 d’Oliver Beer est composé de deux rails de chemin de fer de 16 mètres de long chacun dont la surface est polie jusqu'à devenir miroir. Installés au sol de façon à ce que les deux segments finissent par se frôler, ils incarnent - comme leur titre l’indique - un chemin vers nulle part, une « perspective artificielle ». Ce tracé dans l’espace, parfaitement adapté à la profondeur de la galerie des cyprès du centre d’art, se termine par une pièce de Shingo Yoshida (né en 1974 à Tokyo au Japon), Trajectoire Invisible, 2013.

Sur un ballon en hauteur est projeté un film réalisé à l’aide de caméras légères attachées à des pigeons voyageurs. Ces images réalisées par l’artiste pendant sa résidence sont celles de Nice et de ses environs. Elles sont produites arbitrairement par ces volatiles qui tourbillonnement au gré des courants. C'est d’ailleurs une plume de l’un de ces pigeons qui a servi de motif pour l’impression d'un tapis qui épouse le sol entier de l’une des salles de l’exposition, Plumage éclipse, 2013. Le visiteur ne s’en aperçoit pas, marchant sur un sol au motif abstrait.

Dans cette même salle est accrochée une photo de la série Spectral, 2013. Toutes réalisées à Nice et sa région durant le temps de la résidence, elles caractérisent toute l’oeuvre de Shingo Yoshida : un personnage solitaire investit la nuit des contextes de no man’s land. L’obscurité n’est jamais totale. Le personnage semble parfois s’enfuir, contempler l’environnement, ou tout simplement se confondre dans le calme ou l’isolement qui l’entoure. Chaque photographie est bordée d’un cadre typique des affiches de cinéma, accentuant ainsi leur dimension narrative.

L’exposition s’achève enfin sur une installation de Shingo Yoshida composée de neuf films vidéo en noir et blanc, Journal Invisible, 2013. Conçue comme le journal de bord de ses déambulations quotidiennes durant le temps de sa résidence à la Villa Arson, le tout rythmé par les séances de vol avec des pigeons voyageurs, elle apparaît tel un songe dans lequel toutes les expériences se mélangent et se confondent.


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