Mac Paris 2010

Simien Célicole survole l'art contemporain

Simien Célicole côtoie quotidiennement des artistes heureux ou acablés, sereins ou tourmentés. Il aime regarder, écouter, sentir, parfois toucher les oeuvres dans les expos et les lieux où les artistes interviennent. Avec passion toujours, naïveté parfois, amour quand ce sera possible, il vous invite à partager ses enthousiasmes et ses perplexités.

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MAC PARIS 2010

S’il existe une manifestation d’art contemporain où la phrase « il y a autant de façons d’être un artiste qu’il y a d’artistes » prend tout son sens, c’est bien Mac Paris. Contrairement à d’autres salons ou foires, le seul critère retenu par le comité de sélection est l’engagement total et sincère de l’artiste professionnel face à son projet, sans privilégier tel courant ou telle mode, forcément éphémères.

Donc rien à voir avec la FIAC (sans parler que l’entrée ne coûte pas 28 euros, et peut même être gratuite si on la télécharge avant le 24-11). Oublions quelques instants toutes ces productions à haute valeur spéculative - pas forcément nulles, mais toujours chères, très chères - offertes aux appétits voraces d’un public avide de bons placements, pour découvrir ce que font réellement des artistes d’aujourd’hui. Des artistes qui n’ont d’autre ambition que de mettre à jour, ici et maintenant, une réalité totalement arbitraire (peinture, dessin, sculpture, installation, vidéo, photographie, objet...) réalisée avec passion, amour, et parfois de belles inquiétudes.

Echo vif et sensible des tensions joyeuses et-ou tourmentées qui agitent bien des artistes en ce début de siècle, MAC Paris permet de découvrir en toute liberté des oeuvres aussi multiples et variées que l’est le genre humain*. Avec en plus la possibilité de dialoguer avec les artistes, présents sur leur espace pendant les quatre jours du salon.

Jean Isnard, artiste présent sur ce site, participe à MAC Paris 2010.

* C’est vrai que trop souvent, dans les lieux d’art contemporain - musées, centres d’art, salons ou galeries - j’ai le sentiment qu’il n’y a qu’une façon d’être un artiste contemporain. Non pas que tous les artistes fassent la même chose, mais tous me semblent adopter une posture commune, avec les mêmes critères concernant ce qui est bien, et les mêmes critères concernant ce qu’il ne faut surtout pas faire.

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J’évoquerais également une singulière exposition : « Orages de papier, la grande guerre des médias ». L’Hôtel des Invalides accueille un véritable déluge d’images ( affiches, photos, films, dessins, peintures, gravures...) et d’écrits tant allemands que français produits tout le long de ce terrifiant conflit. Avec le plaisir rare de découvrir quelques oeuvres peu connues provenant du « Musée d’histoire contemporaine-Bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine », tels « L’Interrogatoire » (1917) d’Edouard Vuillard, un « Village en ruine aux environs de Ham (Somme) » non daté, de Pierre Bonnard ou le « Cimetière militaire de Châlons-sur-Marne »(juin 1917) de Félix Vallotton.

Un catalogue passionnant et attrayant accompagne l’exposition. Galerie Valencienne, Hôtel national des Invalides, 75007 Paris.

Jusqu’au 16 janvier 2011.

Article écrit par Simien Célicole